La Thaïlande, histoires et trésors
 

1) Une place centrale sur la péninsule indochinoise

 

La Thaïlande s'étend sur une superficie comparable à celle de la France (514.000 Km²) entre l'océan indien et la mer de Chine.

 

Le pays s'étire de la Malaisie jusqu'au Mékong qui marque sa frontière au Nord avec le Laos (plus de 1800 km du Sud au Nord).

 

Le point le plus élevé est le sommet Doi Inthanon qui, du haut de ses 2565 mètres, surplombe la région de Chiang Mai au Nord .

 

Pour connaître le climat de la Thaîlande, consultez notre page Météo et climat.

 

 

 

 

2) Creuset et carrefour des peuples

La Thaïlande est un creuset de peuplements venus aussi bien du Sud de la Chine (Yunnan) que de Birmanie et du Cambodge (khmers). Aujourd'hui on dénombre 62 millions d'habitants dont un tiers sont citadins.

Aérobic à Bangkok

Danse dans un temple Lahu

Des minorités ethniques de six groupes principaux (Karen, Mohn, Lahu, Lisu, Akha et Mien) vivent dans les montagnes du Nord autour de Chiang Mai.

La communauté d'origine chinoise représente presque 9% de la population et contrôle les principaux intérêts économiques du pays. Environ 5% de la population qui vit dans l'extrême sud de la Thaïlande revendique son origine malaise (ces régions ont été cédées à la Thaïlande par les Anglais en 1909).

 

La Thaïlande a reçu depuis trente ans plusieurs vagues de réfugiés des pays voisins, la dernière d'origine birmane date de 1988. 500 000 réfugiés politiques ou économiques birmans sont actuellement recensés en Thaïlande.

Chinatown (Bangkok)

La langue officielle est le thaï qui procède d'un panachage des langues Mon et Khmer ainsi que des langues indiennes anciennes telles que le Pali.

 

L'écriture thaïe est inspirée du Khmer et du Sanskrit et la déchiffrer se révèle être un casse-tête pour le voyageur solitaire !

 

 

3) Une histoire au long cours

 

Temple khmer de Phimaï

Origines. Depuis la découverte par le paléontologue français Éric Buffetaut des fossiles du plus vieux tyrannosaure connu, on peut dire que l'histoire de la Thaïlande remonte très loin... La plus ancienne présence humaine retrouvée en Thaïlande date de 4000 ans av J.-C. Les recherches préhistoriques ont pu démontrer que la riziculture, la poterie et la fonte du bronze étaient pratiquées par un peuple nomade du Sud de la Chine.

 

Domination Kmère. Du 6e au 11e siècles, deux influences se distinguent, l'une au nord sous la gouverne des Mon dit " Dvarati " ; l'autre sur la péninsule malaise venant de Palembang (Sumatra). Puis pendant deux siècles, c'est l'apogée du royaume d'Angkor (Cambodge) qui domine alors tout le nord-est et le centre de la Thaïlande et laisse la trace de sa puissance économique et culturelle principalement dans la région de Pimai.

Lan Na Thaï. Le royaume des millions de rizières, monarchie Lan Na, fondée en 1281 par le roi Mengrai de Chiang Saen, s'étendait des rives du Mékong jusqu'au Sud de Chiang Mai. Le bouddhisme Theravada de Ceylan aurait été le principal outil de l'unification et de l'expansion de ce vaste territoire qui ne fut réellement incorporé au royaume siamois qu'au 19e siècle.

 

Sukhothaï. Au 13è siècle, le royaume de Sukhothaï s'est développé parallèlement dans la plaine centrale et est considéré comme le berceau de l'écriture et de la littérature proprement thaïes. Adoptant la religion des missionnaires bouddhistes, cette dynastie s'est affranchie de la domination khmère pour créer ses propres institutions politiques. Elle est considérée par les Thaïs comme l'apogée d'un style architectural encore admiré aujourd'hui.

Sukhothaï

Ayuthaya

Ayuthaya. C'est le royaume de Siam, dont le siège était à Ayuthaya (nommée d'après le récit hindou du Ramayana) qui a vaincu Sukhothai au milieu du 14è siècle. En 1432, les Siamois prirent Angkor que les Khmers abandonnèrent alors définitivement.

 

La période Ayuthaya fut marquée par d'importantes réformes administratives, militaires et économiques centralisatrices et les bases du droit civil thaï d'inspiration indienne furent jetées.

Echanges et Invasions. Au 16e et 17e siècles, les premiers voyageurs européens visitent le Siam et les échanges commerciaux et diplomatiques s'intensifient. En 1685, Louis XIV envoie le chevalier de Chaumont en ambassadeur, accompagné de l'abbé de Choisy, chargé de convertir le monarque siamois au catholicisme, peine perdue, il rapporte un maigre traité commercial profitable à la Compagnie française des Indes orientales. Le roi soleil reçut cependant une ambassade siamoise l'année suivante.

 

A cette période, certains étrangers (farangs) sont invités à être conseillers et parfois ministres du roi. La période est mouvementée par de violentes incursions birmanes sur Ayuthaya ainsi que les capitales du Nord qui furent à plusieurs reprises totalement ruinées.

Le Roi Naraï (1657-1688)

Grand Palais (Bangkok)

Dynastie Chakri. A la fin du 18e siecle, le général Taksin fonda un nouvelle capitale Thonburi (près de Bangkok) et mena d'importantes offensives pour chasser les Birmans. Le 6 avril 1782 l'un des ministres de Taksin devint le roi Rama Premier en accédant au trône par une rébellion contre le général devenu fou. Il fonda Bangkok où il installa, dans le Grand Palais, la dynastie Chakri qui règne encore à ce jour sur les destinées du royaume de Siam.

 

Menaces colonisatrices. Vingt ans plus tard, la menace birmane était définitivement écartée mais fut bientôt remplacée par l'appétit des puissances colonisatrices européennes qui entreprirent au cours du 19è siècle de soumettre et de se partager l'Asie du Sud Est. C'est grâce à un monarque moderne et érudit que la Thaïlande put échapper à la colonisation. Rama IV signa d'importants traités de commerce avec les puissances européennes pour éviter toute incursion militaire.

Modernité. La modernisation de la Thaïlande a fait un bond en avant sous le règne du vénéré Rama V (Chulalongkorn), la construction de chemins de fer et l'abolition de l'esclavage en 1905 en sont des marques importantes. A la fin de sa vie, il dut tout de même céder des territoires à l'Indochine française (le Laos en 1893 et le Cambodge en 1907) et à la Birmanie anglaise (états de la péninsule malaise).

Le Roi Rama V (1868-1910)

 

Drapeau national adopté en 1917

XXè siècle. C'est déjà largement intégrée à l'économie mondiale que la Thaïlande aborde le nouveau siècle et subit de plein fouet la grande dépression des années 30 (le prix du riz, principale recette d'exportation, est divisé par trois). Une période de troubles financiers et politiques s'ensuit, le roi se reconnaît impuissant pour redresser l'économie et le 24 juin 1932, des soldats et des civils éduqués à l'étranger (dont un certain nombre en France) obtiennent l'abdication partielle du roi au profit d'une monarchie parlementaire.

 

Invasion Japonaise. Cependant un gouvernement nationaliste mené par le général Pibul prend le pouvoir en 1933. C'est sous sa gouverne que le nom du pays est changé en Thaïlande en 1939 pour souligner " l'appartenance " du pays à une ethnie particulière, certes majoritaire, les Thaïs. Pendant la seconde guerre mondiale, le gouvernement de Bangkok s'allia avec les Japonais qui emprisonnèrent les alliés dans des camps notamment à l'Ouest de la capitale où fut construit le chemin de fer de la mort rendu célèbre par le livre de Pierre Boule sur le pont de la rivière Kwaï (mis en image par Hollywood).

 

Le pouvoir des militaires. En dehors de l'intermède de l'après-guerre, qui vit Seni, un progressiste pacifique, à la tête du pays, Pibul resta au pouvoir jusqu'en 1957. Le triumvirat militaire qui le remplaça fut destitué en octobre 1973 par des révoltes étudiantes, parties de l'université Thammasat à Bangkok. Le pays resta meurti par les morts et les nombreux blessés "pour la démocratie". Après trois ans de politique progressiste, le pays s'est refermé à nouveau en 1976 sous le régime autoritaire du premier ministre Prem, toujours sous l'influence des militaires. Il restreindra la liberté d'opinion et de la presse tout en accompagnant le pays vers des élections démocratiques qui eurent lieu en 1988.


Rassemblement d'étudiants à Bangkok

 

Anti-communisme. Face aux régimes communistes installés dans les pays limitrophes (Vietnam, Cambodge, Laos) et l'influence de la Chine dans la sous-région, la Thailande a toujours réussi à affirmer son indépendance. Elle s'allia avec les Etats-Unis qui déversèrent leur aide financière en contrepartie de l'installation de leurs troupes sur le sol thaïlandais. A partir de 1975, lorsque les américains se retirent de la région, ce sont des gouvernements militaires, le roi et la religion bouddhiste qui empêchent le pays de basculer sous la houlette communiste.

 

Scandales politiques et crise financière. En 1991, les militaires renversent un gouvernement démocratiquement élu mais accusé de corruption. D'immenses manifestations populaires réprimées firent une cinquantaine de morts et des centaines de blessés en mai 1992. La vie politique thaïe est alors des plus tourmentée. En juillet 1997, la valeur de la monnaie s'effondre provoquant une crise financière sans précédent dans toute l'Asie. Trois mois plus tard, la Thaïlande adopte une nouvelle constitution qui semble renforcer les principes démocratiques.

 

XXIè siècle. De 2001 à 2006, l'homme d'affaire milliardaire Thaksin Shinawatra fut premier ministre. Comparable à un Berlusconi asiatique, il a caressé les aspirations nationalistes des Thaïs et a été élu sur un programme de lutte contre la corruption dont il a su se protéger par la suite. Il vit en exil suite au coup d'état militaire qui l'a écarté du pouvoir et pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour conflits d'intérêts. Entre 2008 et 2010, la scène politique thaïlandaise a été particulièrement instable en raison de manifestations de rue organisées par les deux plus importants camps politiques. En avril 2010, la dispersion par l'armée des manifestants installés au centre de Bangkok a fait 91 victimes et des centaines de blessés, le reste du pays restant particulièrement pacifique et attéré par les échaufourrées entre militaires et militants politiques cantonnées à quelques rues de la capitale. Suite à des élections anticipées le 3 juillet 2011, Yingluck Shinawatra, la soeur cadette de Thaksin a été nommée première ministre le 5 août 2011.

 

Suite de l'histoire : un coup d'oeil sur notre page actualités

Elections en février 2005
A gauche, Thaksin Shinawatra

 

 

 

Suite : La Thaïlande, un voyage unique