Peuples Karens et Lahus,
un peu d'histoire...

Le Nord de la Thaïlande est une vaste mosaïque de peuplements plus ou moins anciens venus des contrées alentours. Chaque ethnie est elle-même composée de sous-groupes dont les nuances sont visibles dans les tenues vestimentaires, les pratiques agricoles, les croyances et les rites enrichis par les influences extérieures qu'ils ont subies au fil du temps.

 

Lorsque la monarchie Lanna prêta allégeance au royaume de Siam au XIXème siècle, les populations montagnardes dont l'agriculture de subsistance n'était pas très intéressante économiquement furent laissées pour compte, jouissant en contre partie d'une certaine liberté aussi bien de mouvements transfrontaliers que d'organisation politique, religieuse, sociale... Ce n'est qu'à partir des années cinquante que la nécessité de lutter contre le trafic d'opium rendu illégal (en 1958) et la stratégie américaine contre les influences communistes ont conduit l'Etat thaïlandais à tenter de quadriller plutôt maladroitement les ethnies montagnardes.

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur la situation locale actuelle, nous vous invitons à vous rendre sur place.

 

Vous pourrez ainsi rencontrer des jeunes plein d'ambitions pour le bien être de leurs villages, des anciens, gardiens des mythes et rituels religieux, ainsi que des femmes, dépositaires d'un savoir-faire particulier perpétuant un artisanat teinté de traditions...

 

 

 


 

Les Karens


Les Karens, le groupe ethnique minoritaire le plus nombreux de Thaïlande, seraient venus avant le VIIIè siècle des confins tibeto-birmans. Ils ne cultivent pas le pavot mais pratiquent la riziculture sur terrasses irriguées.

 

A part quelques vagues migratoires récentes en provenance de Birmanie, et cantonnées dans des camps de réfugiés le long de la frontière, il s'agit en fait d'un peuplement autochtone au sens anthropologique du terme dans le contexte historique thaïlandais. En effet, depuis la période d'Ayuthaya, des chefs karen ont pu occuper des postes politiques mais leur degré "d'intégration" à la société thaïe reste très variable.

 

Quoiqu'il en soit, les Karens revendiquent des traditions, une culture, une religion différentes des " taïs " que les habitants du village où nous vous proposons de séjourner ont pris l'initiative de présenter à ceux qui veulent s'inscrire dans une démarche d'échange respectueuse et courtoise.


 


 

Les Lahus

 

Les Lahus sont arrivés à partir des années 1870 (ère JC) du Sud Ouest de la Chine (Yunnan) passant par le Laos et la Birmanie pour s'établir dans les provinces de Chiang Mai et Chiang Rai.

 

Offrandes des villageois lahus avant le repas dans la forêt.

Les traditions mythiques, qui tiennent lieu de religion, sont centrées autour du cosmos et de ses éléments centraux, le ciel, la terre et l'enfer ou le feu. Les esprits de la nature (le riz, la forêt, l'eau...) et des ancêtres font l'objet de rituels précis exécutés par tout le village sous la guidance des chamans.

 

Le gouvernement thaïlandais a mené une politique volontariste " d'intégration " des Lahu dans le but notamment de les détourner de la culture du pavot et des pratiques de défriche-brûlis aggravant le phénomène de déforestation.

 

Dans la région que vous pourrez parcourir, certains villageois sont employés dans les grandes plantations de fruitiers qui ont transformé une partie du paysage en immense verger mais le chômage reste tout de même un fléau qui laisse sans perspectives de nombreuses personnes.

 

 

Pour plus d'informations, consulter la bibliographie de Yves Goudineau et Bernard Vienne, ethnologues issus de l'Institut de Recherche et Développement (IRD) et de l'école française d'extrême Orient (EFEO) in Thaïlande Contemporaine, sous la direction de Stéphane Dovert, IRASEC, L'Harmattan. 2001